Bois pour solives : guide complet C24, GL24 et dimensionnement

Choisir le bon bois pour des solives de plancher ou de toiture détermine la solidité, la durabilité et la conformité réglementaire de l’ouvrage. Le bois massif C24 (résineux classé selon EN 338) répond à la majorité des besoins courants : portées de 2 à 5 mètres, entraxes standards 40 à 60 cm, usage intérieur ou abrité sous couverture (classe d’emploi 2). Le lamellé-collé GL24 ou GL28 (EN 14080) s’impose pour les grandes portées (au-delà de 5 mètres), les exigences de rectitude (planchers apparents, plafonds cathédrale), ou la réduction de flèche. Dans tous les cas, le dimensionnement obéit à l’Eurocode 5 qui intègre charges d’exploitation, portée libre, conditions d’humidité (service classes), et critères de déformation admissible. Le DTU 51.3 encadre ensuite la relation entre entraxe des solives et épaisseur du plancher bois, garantissant rigidité et confort d’usage.
Bois pour solives : choisir entre C24 et lamellé-collé GL24
Le bois massif C24 désigne un résineux de structure (épicéa, sapin, Douglas, pin sylvestre selon disponibilité régionale) classé visuellement ou mécaniquement selon la norme EN 338. La lettre C signale un conifère, le chiffre 24 indique la résistance caractéristique en flexion : 24 MPa (mégapascals). Cette classe garantit des propriétés mécaniques minimales permettant le calcul de résistance selon Eurocode 5. Disponible en sections courantes 38×100, 50×150, 63×175, 75×200, 100×225 mm, le C24 s’approvisionne facilement en négoce bois ou scierie locale à des prix compétitifs (3 à 6 euros le mètre linéaire selon section).
Le bois massif C24 convient aux solives de plancher portant parquet, lames, OSB ou panneaux dérivés, avec entraxes de 40 à 60 cm et portées jusqu’à 4,5-5 mètres selon charge et section. Il s’utilise également en chevrons de toiture, fermettes industrielles, et structures secondaires. Ses limites : variations dimensionnelles (retrait-gonflement selon humidité ambiante), présence de nœuds et défauts structurels (respect des critères de classement), et flèche potentiellement élevée en grande portée (sensation de plancher souple).
Le bois abouté C24 (EN 15497) assemble plusieurs pièces de bois massif bout à bout via entures multiples collées, créant des longueurs supérieures à celles disponibles en sciage direct (jusqu’à 13 mètres). Les aboutages éliminent les défauts (nœuds, fentes) aux jonctions, améliorant légèrement l’homogénéité. Le classement reste C24 (même résistance que le massif), mais la stabilité dimensionnelle progresse. Prix intermédiaire entre massif et lamellé-collé (4 à 7 euros/ml).
Le lamellé-collé GL24 ou GL28 (glued laminated timber) empile et colle sous pression des lamelles de bois massif (20 à 45 mm d’épaisseur) triées, séchées à 12 % d’humidité, et assemblées avec résine structurale conforme EN 14080. GL24 (résistance flexion 24 MPa) offre des performances mécaniques équivalentes au C24 à section égale, mais avec rigidité (module d’élasticité) supérieure et variations dimensionnelles réduites. GL28 (28 MPa) et GL32 (32 MPa) autorisent portées accrues ou sections plus fines pour charges identiques.
Le lamellé-collé convient aux solives de grande portée (5 à 12 mètres), planchers ouverts sans poteaux intermédiaires, plafonds apparents (finition propre, rectitude parfaite), ou lorsque la flèche maximale doit être minimisée (ex : plancher supportant cloisons, carrelage rigide). Disponible en sections sur-mesure (60×200 à 140×600 mm), longueurs jusqu’à 20 mètres selon fabricant, le BLC coûte 70 à 120 euros/m³ soit 8 à 15 euros/ml pour sections courantes de solives. L’aspect esthétique (lamelles visibles, homogénéité de teinte) valorise les plafonds apparents en rénovation ou construction bois contemporaine.
Quand choisir GL24/GL28 : portée supérieure à 5 mètres sans appui intermédiaire, plancher apparent avec exigence esthétique (absence de nœuds, rectitude), environnement humide fluctuant (stabilité dimensionnelle du BLC limite les déformations), ou calcul Eurocode 5 imposant module d’élasticité élevé pour respecter flèche admissible. Pour portées standards 3-4 mètres, usage couvert, budget maîtrisé, le C24 massif ou abouté suffit amplement.
Normes essentielles : EN 338 (C24) et EN 14080 (GL24) expliquées simplement
La norme EN 338 classe les bois de structure par propriétés mécaniques et physiques : résistance en flexion (fm,k), compression (fc,0,k), traction (ft,0,k), module d’élasticité moyen (E0,mean), masse volumique (ρk). Pour un C24, on retient : résistance flexion 24 MPa, module élasticité 11 000 MPa, masse volumique 350 kg/m³. Ces valeurs caractéristiques permettent au bureau d’études de calculer la section minimale selon charges, portée, et critères de sécurité.
Le classement s’obtient par tri visuel (comptage et taille des nœuds, pente du fil, fentes, présence d’aubier) ou machine (mesure de rigidité par flexion dynamique). Le tri visuel reste courant en France (classes ST-I à ST-IV selon AFNOR, puis corrélation vers C18, C24, C30), le tri machine se développe pour homogénéité accrue. Un bois massif non classé (bois de charpente traditionnelle, sciage de récupération) ne peut légalement être utilisé en structure neuve soumise à contrôle technique : l’absence de garantie mécanique expose à refus de conformité et responsabilité en cas de sinistre.
La norme EN 14080 régit les bois lamellés-collés : géométrie des lamelles, essences autorisées (résineux majoritairement, feuillus possibles), colles structurales (phénoliques, polyuréthanes), contrôle de production en usine (certification CE obligatoire), et classes de résistance (GL24 à GL36). Les essais de cisaillement du joint collé, de résistance en flexion, et de durabilité de la colle garantissent la tenue structurelle sur durée de vie du bâtiment (50-100 ans).
Le BLC GL24 présente un module d’élasticité moyen E0,mean de 11 600 MPa contre 11 000 pour C24 massif : gain de 5 % qui réduit la flèche de 5 % à charge égale. Le GL28 monte à 12 600 MPa, offrant 15 % de rigidité supplémentaire par rapport au C24. Cette différence devient déterminante sur portées de 6 mètres et plus, où la flèche sous charge d’exploitation conditionne le confort (pas de vibration ressentie, plancher “ferme”).
Intérêt pratique : un plancher avec solives C24 63×200 mm entraxe 50 cm sur portée 4 mètres respecte la flèche admissible L/300 (13 mm maximum) selon calculs EC5 avec charge exploitation 150 kg/m². Même configuration sur 5 mètres dépasse la flèche : passage en 75×225 mm (lourd, encombrant) ou GL24 63×200 mm (flèche réduite grâce à rigidité supérieure). Le lamellé-collé optimise donc section/coût/encombrement sur grandes portées.
Classe d’emploi 2 & service class EC5 : le bon contexte pour les solives
Les solives de plancher intérieur ou de toiture sous couverture relèvent de la classe d’emploi 2 selon EN 335 : bois en œuvre dans un environnement intérieur ou abrité, avec humidité du bois occasionnellement supérieure à 20 % (condensation temporaire, infiltration accidentelle, ambiance non chauffée). Aucun contact avec le sol, aucune exposition directe aux intempéries. Les champignons de pourriture et les insectes xylophages restent possibles si humidité persistante ou mauvaise ventilation, mais le risque reste modéré comparé aux classes 3-4.
Les résineux courants (épicéa, sapin, Douglas, pin sylvestre) conviennent naturellement en classe 2 sans traitement obligatoire. Leur aubier (partie périphérique du bois) demeure sensible aux attaques, mais le duramen (cœur) présente une durabilité acceptable en milieu abrité. Un traitement préventif fongicide-insecticide (badigeonnage, trempage court) peut être appliqué sur chantier si exposition à humidité prolongée (vide sanitaire humide, combles mal ventilés, bâtiment en phase de séchage).
L’Eurocode 5 définit en parallèle trois service classes (classes de service) conditionnant les propriétés mécaniques utilisées dans les calculs :
Service class 1 : température 20 °C, humidité relative moyenne air < 65 %, équivalant à humidité du bois < 12 %. Chauffage permanent, intérieur sec. Coefficient de majoration résistance kmod le plus favorable (0,9 à 1,1 selon durée de charge). Solives de plancher dans logement chauffé, bureau, école.
Service class 2 : humidité relative moyenne air 65-85 %, humidité bois < 20 % en moyenne. Bâtiment abrité non chauffé en permanence (garage, hangar, combles ventilés), ou chauffage intermittent avec condensation temporaire. Coefficient kmod réduit (0,8 à 1,0). Solives de toiture sous combles non chauffés, planchers de garages, locaux techniques.
Service class 3 : humidité bois > 20 % de façon régulière ou prolongée. Exposition climatique directe (structure extérieure), milieu humide constant. Coefficient kmod minimal (0,5 à 0,8). Ne concerne généralement pas les solives de plancher/toiture conventionnelles, mais charpentes extérieures, poteaux, passerelles.
Impact pratique : un plancher chauffé (service class 1) permet d’utiliser pleinement les résistances caractéristiques du C24 ou GL24 avec kmod favorable. Un plancher sur vide sanitaire non chauffé ou sous combles ventilés (service class 2) applique un coefficient réducteur : la section calculée augmente de 10-15 % pour garantir sécurité équivalente. Les calculs Eurocode 5 intègrent automatiquement ce facteur selon usage déclaré.
Protection et ventilation : en classe 2, assurez une ventilation efficace (vide sanitaire ventilé, combles avec grilles haute et basse) pour éviter accumulation d’humidité. Protégez les coupes en bout de solives (zones d’aubier exposées) par traitement ou lasure si risque d’infiltration (murs humides, remontées capillaires). Évitez contact bois-béton direct : interposez feutre bitumé, bande résiliente ou cale PVC pour rupture de capillarité et réduction de pont phonique.
Entraxe des solives et épaisseur du plancher : ce que dit le DTU 51.3
Le DTU 51.3 (Planchers en bois ou en panneaux dérivés du bois) établit la relation entre entraxe des solives (espacement axe à axe) et épaisseur minimale du revêtement de plancher (lames massives, panneaux OSB, contreplaqué, particules). Plus l’entraxe augmente, plus le revêtement doit être épais pour résister à la flexion locale entre appuis et limiter la déformation sous passage.
Pour un plancher en lames massives (sapin, chêne, châtaignier), le DTU impose : entraxe 40 cm → épaisseur 22 mm minimum (lames de 27-28 mm courantes) ; entraxe 50 cm → 27 mm ; entraxe 60 cm → 34 mm. Ces valeurs supposent lames posées perpendiculairement aux solives, assemblage rainure-languette ou feuillure, et charge d’exploitation 150 kg/m² (usage habitation). Les lames doivent reposer sur au moins trois solives pour assurer continuité structurelle.
Pour un plancher en panneaux OSB/contreplaqué (support carrelage, parquet collé, ou finition directe), le DTU 51.3 précise : entraxe 40 cm → épaisseur 15 mm minimum ; entraxe 50 cm → 18 mm ; entraxe 60 cm → 22 mm. Les panneaux OSB doivent répondre à la norme EN 300 classe OSB/3 (usage structurel en milieu humide) ou OSB/4 (charges lourdes). Les bords perpendiculaires aux solives nécessitent appui continu (joint sur solive) ou feuillure usinée pour rigidification.
Logique de conception : réduire l’entraxe (40 cm au lieu de 60 cm) permet d’utiliser un revêtement plus fin, économisant sur matériau et hauteur de plancher (important en rénovation avec faible réserve de hauteur). Augmenter l’entraxe réduit le nombre de solives (économie main d’œuvre, bois structurel), mais impose un revêtement plus épais et des solives de section supérieure pour compenser la portée accrue. Le choix optimal dépend du contexte : rénovation avec hauteur limitée (entraxe serré 40 cm), construction neuve économique (entraxe 60 cm), isolation thermique entre solives (adapter entraxe à largeur isolant standard 45 ou 60 cm).
Aboutages et joints : les lames ou panneaux doivent présenter leurs joints perpendiculaires décalés d’une travée (pas d’alignement continu de joints), et les joints parallèles aux solives nécessitent un appui (solive ou fausse solive / blochet). Un plancher correctement conçu respecte ces règles pour éviter affaissement localisé, grincements, ou rupture de joints.
Sections, portées et flèche : repères de calcul selon Eurocode 5
Le dimensionnement des solives obéit à l’Eurocode 5 (EN 1995-1-1) qui vérifie deux critères : résistance ultime (la solive ne doit pas casser sous charge maximale) et état limite de service (la flèche sous charge d’exploitation ne doit pas dépasser un seuil de confort). La flèche admissible varie selon usage : L/300 pour planchers supportant cloisons ou finitions rigides (carrelage), L/250 pour planchers résidentiels courants, L/200 pour locaux de stockage acceptant déformations visibles.
Variables du calcul :
- Portée libre (L) : distance entre appuis (mur porteur, poutre), mesurée axe à axe. Une solive de 4 mètres entre murs de 20 cm d’appui chaque extrémité présente une portée de calcul de 4 – 0,2 = 3,8 mètres (conservateur) ou 4 mètres (simplifié si appui > 10 cm).
- Charge permanente (G) : poids du plancher (lames, panneaux, isolant, plafond suspendu) + poids propre des solives. Exemple : lames 27 mm (15 kg/m²) + OSB 18 mm (12 kg/m²) + plafond plâtre (10 kg/m²) + isolant laine 100 mm (3 kg/m²) = 40 kg/m² soit 0,4 kN/m².
- Charge d’exploitation (Q) : usage du local selon Eurocode 1 (EN 1991-1-1). Habitation catégorie A : 150 kg/m² (1,5 kN/m²). Bureau : 250 kg/m². Salle de danse, commerce : 500 kg/m². Stockage : jusqu’à 750 kg/m² selon densité.
- Entraxe (e) : espacement des solives, déterminant la charge linéaire reprise par chaque solive. Charge totale sur solive = (G + Q) × e. Entraxe 50 cm, charges 0,4 + 1,5 = 1,9 kN/m² → charge linéaire 1,9 × 0,5 = 0,95 kN/m (95 kg/m linéaire).
Exemple de calcul simplifié (méthode des abaques, hors coefficient de sécurité détaillés) :
Solive C24 63×175 mm, portée 3,5 m, entraxe 50 cm, charge totale 2 kN/m² (habitation). Charge linéaire = 2 × 0,5 = 1 kN/m. Module résistance flexion W = (b × h²) / 6 = (63 × 175²) / 6 = 321 000 mm³. Contrainte maximale σ = (M × 10⁶) / W, avec moment M = (q × L²) / 8 = (1 × 3,5²) / 8 = 1,53 kNm. Contrainte σ = (1,53 × 10⁶) / 321 000 = 4,8 MPa, largement inférieure à 24 MPa du C24 : résistance OK.
Flèche sous charge exploitation (formule poutre simple appuis, charge uniforme) : f = (5 × Q × L⁴) / (384 × E × I), avec E module élasticité 11 000 MPa, I inertie (b × h³) / 12 = (63 × 175³) / 12 = 28 000 000 mm⁴, Q charge exploitation 0,75 kN/m (1,5 kN/m² × 0,5 m). Flèche f = (5 × 0,75 × 3500⁴) / (384 × 11000 × 28 000 000) = 8,2 mm. Flèche admissible L/300 = 3500/300 = 11,7 mm : critère respecté.
Ce calcul simplifié néglige coefficients de sécurité partiels, durée de charge (kmod), et fluage (kdef). En pratique professionnelle, utilisez logiciels de calcul bois (SEMA, Dlubal, Cadwork) ou abaques éditées par FCBA (Institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement) intégrant l’ensemble des paramètres Eurocode 5. Un bureau d’études structure intervient sur projets dépassant configurations courantes (portées > 5 m, charges spéciales, systèmes mixtes bois-béton).
Repères empiriques (habitation 150 kg/m², entraxe 50 cm, service class 2) :
- Portée 3 m → solives 50×150 mm (C24)
- Portée 4 m → solives 63×175 mm (C24) ou 50×200 mm (GL24)
- Portée 5 m → solives 75×225 mm (C24) ou 63×225 mm (GL24)
- Portée 6 m → solives 100×250 mm (C24) ou 75×240 mm (GL24)
Ces valeurs indicatives supposent charge standard et confort normal. Toujours valider par calcul règlementaire avant exécution.
Bonnes pratiques de pose : fixations, aboutages, protection & ventilation
Fixations aux appuis : les solives reposent sur murs porteurs (maçonnerie, béton, ossature bois) ou poutres transversales via sabots métalliques, équerres, ou appui direct. L’appui direct (solive posée sur muralière ou sablière) nécessite une profondeur minimale de 75 mm en maçonnerie, 50 mm sur bois. Interposez feutre bitumé ou bande EPDM entre bois et maçonnerie pour rupture de capillarité et protection contre humidité résiduelle.
Les sabots de solives (type Simpson LUS, Senco, GAH) galvanisés à chaud fixent la solive latéralement sur poutre ou muralière, évitant tassement et arrachement en cas de dilatation-retrait. Choisissez sabots adaptés à la section (hauteur solive), et respectez le nombre de pointes ou vis imposé par agrément technique (généralement 4 à 6 fixations par aile). Les équerres renforcées (type Simpson A ou L) conviennent aux assemblages perpendiculaires solive-poutre avec charge importante.
Aboutages : si la portée excède les longueurs disponibles en sciage (6-7 mètres pour C24 courant), aboutez deux solives sur appui intermédiaire (mur de refend, poutre). L’aboutage ne se fait JAMAIS en zone de moment maximal (milieu de portée) : positionnez-le au droit d’un appui ou dans le tiers de portée si appui simple (moment réduit). Réalisez l’aboutage par enture collée, plaque métallique dentée, ou simple recouvrement cloué sur poutre support (moins structurel, réservé aux charges faibles).
Pour solives continues sur plusieurs appuis (plancher multi-travées), l’aboutage en mi-travée devient possible si moment négatif compensé par continuité. Le calcul hyperstatique (Eurocode 5 annexe) détermine les zones d’aboutage admissibles.
Jeux et ventilation : laissez un jeu périphérique de 10-15 mm entre extrémités de solives et murs pour permettre dilatation-retrait du bois. En vide sanitaire, assurez une ventilation de 5 cm² par mètre linéaire de mur (grilles ou aérations réparties). En combles, ventilez par chatières haute et basse (flux traversant), prévoyez lame d’air sous rampants si isolation en sous-face.
Protection des coupes : les extrémités de solives sciées sur chantier exposent l’aubier non protégé. Traitez par produit fongicide-insecticide ou lasure de protection si risque d’humidité (mur humide, infiltration potentielle). En classe 2 standard, cette précaution reste optionnelle mais recommandée en rénovation de bâti ancien.
Contreventement : les solives de grande hauteur (rapport h/b > 4) nécessitent un contreventement latéral (entretoises, croix de Saint-André, panneaux OSB cloués en rive) pour éviter déversement (flambement latéral sous charge). L’entraxe de contreventement dépend de l’élancement : généralement tous les 2-2,5 mètres pour solives courantes.
Isolation et étanchéité acoustique : l’isolation thermique (laine minérale, fibre bois, ouate de cellulose) se place entre solives sans compression (épaisseur isolant ≤ hauteur solive moins 20 mm pour ventilation). Pour isolation phonique (plancher étage), ajoutez dalle flottante désolidarisée (bande résiliente périphérique), plafond suspendu sur suspentes antivibratiles, ou masse lourde entre solives (sable stabilisé, panneaux lourds). Un plancher bois présente naturellement une faible isolation phonique (bruits d’impact) : les traitements acoustiques compensent ce défaut.
Choisir le produit pour ses solives
Astuce mobile : sur smartphone, passez l’écran à l’horizontal pour mieux voir le tableau.
| Contexte d’usage | Produit recommandé | Pourquoi | Vigilances |
|---|---|---|---|
| Plancher habitation standard, portée < 5 m | Bois massif ou abouté C24 | Disponibilité, coût modéré, performances adaptées | Vérifier classement (tri visuel/machine), accepter variations dimensionnelles |
| Portée > 5 m ou plafond apparent | Lamellé-collé GL24-GL28 | Rigidité supérieure, rectitude, stabilité dimensionnelle, esthétique | Coût élevé (70-120 €/m³), approvisionnement délai, certification EN 14080 exigée |
| Vide sanitaire ou combles non chauffés | C24 ou GL24 service class 2 | Adapté à humidité occasionnelle < 20 % | Ventilation impérative, traitement préventif si humidité persistante |
| Rénovation hauteur limitée | C24 entraxe serré (40 cm) + revêtement fin | Économise hauteur plancher (lames 22 mm possible) | Plus de solives = coût/main d’œuvre accru, isolation entre solives moins épaisse |
Règles de choix rapides : portée courante + budget standard = C24 massif 50-75 mm largeur selon portée ; grande portée + esthétique = GL24-GL28 ; milieu humide occasionnel = C24 service class 2 + ventilation ; plafond visible = GL24 finition soignée.
En synthèse, le bois pour solives se sélectionne selon classe de résistance (C24 courant, GL24-GL28 pour performances accrues), contexte d’usage (classe d’emploi 2 et service class EC5 déterminant propriétés mécaniques), et dimensionnement Eurocode 5 (portée, charges, flèche admissible). Le DTU 51.3 relie ensuite entraxe et épaisseur de plancher pour garantir rigidité et confort. Le bois massif C24 domine pour raisons économiques et disponibilité sur portées standards (2-5 mètres), tandis que le lamellé-collé GL24-GL28 optimise grandes portées, rectitude et stabilité dimensionnelle. Les bonnes pratiques de pose (sabots conformes, ventilation, protection coupes, contreventement si nécessaire) assurent durabilité et conformité réglementaire. Toujours faire valider le dimensionnement par calcul professionnel sur projets structurels ou sortant des configurations courantes : la responsabilité décennale et la sécurité des occupants en dépendent. 🪵
