Branchement volet roulant 4 fils : schéma, couleurs et normes NF C 15-100

Le câblage d’un moteur de volet roulant filaire repose sur quatre conducteurs : marron (montée), noir (descente), bleu (neutre) et vert-jaune (terre). Le neutre se raccorde directement au moteur sans passer par l’inverseur, la terre rejoint le châssis métallique, et la phase arrive sur l’inverseur qui distribue alternativement le courant vers le marron (montée) ou le noir (descente) grâce à un système d’interverrouillage. La norme NF C 15-100 impose un circuit dédié protégé par un disjoncteur adapté à la section des conducteurs, généralement 16 A maximum pour du 1,5 mm². Ce guide détaille le rôle de chaque fil, le schéma de branchement sécurisé, les étapes de raccordement et les solutions aux problèmes courants comme l’inversion du sens de marche.
Couleurs & rôles : décoder les 4 fils du moteur
Le fil marron alimente la rotation du moteur dans le sens montée (UP). Lorsque l’inverseur envoie la phase sur ce conducteur, le tablier du volet remonte jusqu’à atteindre la fin de course haute préréglée en usine ou ajustée lors de l’installation. Ce fil se connecte impérativement sur la borne de sortie montée de l’inverseur, jamais directement sur la phase.
Le fil noir commande la descente (DOWN). Il reçoit la phase uniquement lorsque l’utilisateur actionne la commande dans le sens opposé, provoquant l’inversion du sens de rotation du moteur et l’enroulement du tablier autour de l’axe. Ce conducteur rejoint la borne de sortie descente de l’inverseur, distincte de celle réservée à la montée.
Le fil bleu constitue le neutre (N) du circuit. Contrairement aux deux fils de commande marron et noir, il se raccorde directement au moteur sans transiter par l’inverseur. Ce branchement direct garantit que le neutre reste disponible en permanence, quelle que soit la position de l’inverseur, assurant ainsi le retour du courant vers le tableau électrique. Ne jamais faire passer le neutre par l’inverseur sous peine de dysfonctionnement ou de destruction du moteur.
Le fil vert-jaune représente la terre (PE, protection électrique). Il se connecte obligatoirement au châssis métallique du moteur et, si le coffre du volet est métallique, à cette structure également. Cette liaison assure la protection des personnes en cas de défaut d’isolement : toute fuite de courant vers les parties métalliques accessibles déclenche instantanément le disjoncteur différentiel 30 mA du tableau, évitant tout risque d’électrocution.
Ces couleurs correspondent aux standards constatés sur les moteurs de marques courantes (Somfy, Simu, Nice, Cherubini). Certains fabricants peuvent adopter des codes couleurs légèrement différents : consultez systématiquement la notice technique du moteur qui précise le rôle de chaque conducteur. En cas de doute, un multimètre en position test de continuité permet de vérifier quel fil correspond à quelle fonction en mesurant la résistance entre les bornes internes du moteur.
Schéma logique : phase, inverseur, montée/descente
Le neutre bleu part du tableau électrique, transite éventuellement par une boîte de dérivation, puis rejoint directement la borne neutre du moteur. Ce conducteur reste totalement indépendant de l’inverseur et ne subit aucune commutation : il assure le retour permanent du courant électrique, indispensable au fonctionnement du moteur quel que soit le sens de rotation demandé.
La terre vert-jaune suit un parcours similaire : elle part de la barrette de terre du tableau électrique, passe par les boîtes de dérivation intermédiaires si nécessaire, puis se raccorde fermement à la borne de terre du moteur marquée par le symbole international de mise à la terre (trois traits horizontaux décroissants). Si le coffre du volet comporte des parties métalliques accessibles, reliez-les également à cette terre pour garantir une protection complète.
La phase (généralement en rouge ou marron selon l’installation) arrive depuis le tableau électrique sur l’entrée commune de l’inverseur. Ce dispositif mécanique ou électronique comporte trois positions : repos (neutre central), montée et descente. Lorsque l’utilisateur actionne l’interrupteur mural vers le haut, l’inverseur bascule en position montée et envoie la phase sur sa sortie UP, qui alimente le fil marron du moteur. Le tablier remonte alors jusqu’à ce que l’utilisateur relâche la commande ou que la fin de course haute coupe automatiquement l’alimentation.
En actionnant l’interrupteur vers le bas, l’inverseur pivote en position descente et dirige la phase vers sa sortie DOWN, connectée au fil noir du moteur. Le sens de rotation s’inverse, le tablier descend jusqu’au relâchement de la commande ou l’atteinte de la fin de course basse. Entre ces deux actions, l’inverseur revient en position neutre : aucune phase n’alimente ni le marron ni le noir, le moteur reste au repos.
L’interverrouillage constitue la sécurité fondamentale de ce montage. Il empêche l’alimentation simultanée des sorties UP et DOWN, ce qui provoquerait un court-circuit entre phase montée et phase descente, détruisant immédiatement le moteur et risquant un incendie. Les inverseurs mécaniques réalisent cet interverrouillage par construction : la bascule ne peut physiquement pas toucher les deux contacts à la fois. Les inverseurs électroniques intègrent un circuit logique qui bloque l’activation des deux relais simultanément, même en cas de commande erronée.
Étapes de branchement (sécurité incluse)
Avant toute intervention, coupez l’alimentation électrique générale au disjoncteur principal du tableau, ou a minima le disjoncteur du circuit concerné. Utilisez un testeur de tension ou un multimètre en position voltmètre alternatif pour vérifier l’absence totale de tension entre phase et neutre, puis entre phase et terre. Cette double vérification garantit que le circuit est bien hors tension, évitant tout risque d’électrocution pendant les manipulations.
Préparez une boîte de dérivation étanche si le câble du moteur ne rejoint pas directement l’inverseur mural. Choisissez un boîtier de dimensions suffisantes (85×85 mm minimum pour quatre à six connexions) et fixez-le solidement au mur ou dans le caisson du volet, à proximité du moteur. Dénudez les extrémités des conducteurs sur 10 à 12 mm en prenant soin de ne pas entailler les brins de cuivre, puis torsadez légèrement chaque conducteur pour faciliter l’insertion dans les dominos ou les connecteurs automatiques.
Raccordez en premier lieu le neutre bleu : reliez le bleu arrivant du tableau avec le bleu du moteur à l’aide d’un domino ou d’un connecteur rapide (Wago, Legrand Nylbloc). Serrez fermement les vis du domino ou enfoncez à fond les conducteurs dans le connecteur automatique jusqu’au clic de verrouillage. Vérifiez la solidité du raccordement en tirant légèrement sur chaque fil : aucun ne doit se désolidariser.
Connectez ensuite la terre vert-jaune selon le même principe : le vert-jaune du tableau rejoint le vert-jaune du moteur dans un domino ou connecteur dédié. Si plusieurs équipements partagent la même terre (éclairage du caisson, prise de courant voisine), utilisez un domino de capacité suffisante ou un bornier de répartition pour regrouper tous les conducteurs de terre proprement.
Amenez la phase depuis le tableau jusqu’à l’entrée commune de l’inverseur mural. Cette borne, généralement repérée par la lettre L ou le symbole de phase, reçoit le conducteur rouge ou marron de l’installation fixe. Depuis les sorties de l’inverseur, tirez deux conducteurs jusqu’à la boîte de dérivation ou directement au moteur si la distance le permet : un conducteur pour la sortie montée (souvent repérée UP, ↑ ou 1), l’autre pour la sortie descente (DOWN, ↓ ou 2).
Dans la boîte de dérivation, raccordez le conducteur issu de la sortie montée de l’inverseur avec le fil marron du moteur. Répétez l’opération en reliant le conducteur de la sortie descente avec le fil noir du moteur. Doublez systématiquement les serrages : après avoir fermé les dominos ou inséré les fils dans les connecteurs, vérifiez à nouveau chaque connexion en tirant légèrement sur les conducteurs. Un mauvais serrage provoque des échauffements, des étincelles et peut entraîner un incendie.
Refermez la boîte de dérivation en vous assurant qu’aucun conducteur ne reste pincé par le couvercle. Réarmez le disjoncteur du circuit volets puis testez le fonctionnement en actionnant l’inverseur mural. Si le volet descend alors que vous commandez la montée, coupez immédiatement l’alimentation et inversez les raccordements des fils marron et noir : permutez-les dans la boîte de dérivation ou sur les bornes de l’inverseur, puis testez à nouveau. Cette inversion ne présente aucun danger pour le moteur et corrige simplement l’erreur de branchement.
Après validation du sens de marche correct, procédez au réglage des fins de course haute et basse. Ces butées électroniques ou mécaniques arrêtent automatiquement le moteur lorsque le tablier atteint ses positions extrêmes, évitant tout forçage qui endommagerait le mécanisme. Consultez la notice du moteur pour la procédure spécifique de réglage, qui diffère selon les marques et les technologies (réglages par vis, par télécommande ou par apprentissage automatique).
Protection & section (rappel NF C 15-100)
La norme électrique française NF C 15-100 impose un circuit dédié pour l’alimentation des volets roulants motorisés, distinct des circuits d’éclairage et de prises de courant. Ce circuit doit être protégé par un disjoncteur divisionnaire dont le calibre correspond à la section des conducteurs utilisés et au nombre de volets alimentés. La configuration la plus courante consiste en un circuit en conducteurs de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur 16 A maximum, capable d’alimenter plusieurs volets roulants dont la consommation cumulée reste inférieure à la capacité du circuit.
Un moteur de volet roulant standard consomme entre 150 et 400 watts selon la taille du tablier et la puissance mécanique nécessaire. À 230 volts, cela représente 0,65 à 1,7 ampère par volet. Un circuit 16 A en 1,5 mm² peut donc théoriquement alimenter jusqu’à 8-10 volets, mais la pratique recommande de limiter à 5-6 volets par disjoncteur pour conserver une marge de sécurité et éviter les chutes de tension en bout de ligne. Pour des installations comportant plus de volets ou des moteurs de forte puissance (baies vitrées, stores extérieurs lourds), envisagez un second circuit dédié ou une section de conducteurs supérieure (2,5 mm² protégée par 20 A maximum).
Le disjoncteur divisionnaire assure deux fonctions : la protection contre les surintensités (court-circuit, surcharge prolongée) et la coupure manuelle pour maintenance. Il se positionne sur le tableau électrique, sur un peigne d’alimentation relié au disjoncteur différentiel 30 mA de type AC ou A qui protège l’ensemble des circuits de la zone concernée. Ce différentiel détecte les fuites de courant vers la terre et coupe instantanément l’alimentation en cas de défaut, protégeant les personnes contre l’électrocution.
Les couleurs normalisées par la NF C 15-100 doivent être respectées impérativement : bleu exclusivement pour le neutre, vert-jaune exclusivement pour la terre, et toute autre couleur (rouge, marron, noir, orange, violet) pour les phases et conducteurs de commande. Le respect de ces codes facilite les interventions ultérieures et évite les erreurs de raccordement dangereuses. Si vous reprenez une installation ancienne ne respectant pas ces couleurs, repérez chaque conducteur avec des manchons de couleur ou des étiquettes avant modification.
En habitat collectif ou en établissement recevant du public, des prescriptions complémentaires peuvent s’appliquer : consultation d’un bureau de contrôle, schéma électrique unifilaire validé, utilisation de matériel certifié NF, intervention d’un électricien qualifié. En maison individuelle, le respect de la NF C 15-100 reste obligatoire et conditionne la conformité du consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité) en cas de construction neuve ou de rénovation totale de l’installation électrique.
Intégrer une commande future (radio/centralisation)
L’évolution vers une commande radio ou une centralisation domotique ne nécessite aucune modification du câblage côté moteur. Les quatre fils marron, noir, bleu et vert-jaune conservent exactement les mêmes raccordements, garantissant la pérennité de l’installation filaire même après ajout d’une couche de pilotage sans fil. Seul le cheminement de la phase avant l’inverseur se trouve modifié par l’insertion d’un module radio ou d’un relais domotique.
Pour anticiper cette évolution, prévoyez dès l’installation initiale une boîte de dérivation spacieuse (dimensions 100×100 mm ou plus) à proximité du moteur ou dans un espace technique accessible. Cette boîte accueillera ultérieurement le récepteur radio (micromodule Somfy RTS, io, Nice, Zigbee, Z-Wave) qui s’intercalera entre la phase d’alimentation et les fils de commande du moteur. Laissez une réserve de conducteurs (20 à 30 cm supplémentaires repliés en boucle) pour faciliter les raccordements futurs sans tirer sur les fils existants.
Les modules radio se présentent généralement sous deux formats : micromodules encastrables dans les boîtes murales (45×45 mm, compatibles avec les boîtiers d’encastrement standard) ou modules sur rail DIN à installer directement dans le tableau électrique. Les micromodules conviennent aux rénovations où le câblage rejoint déjà l’inverseur mural, tandis que les modules rail DIN simplifient les installations neuves ou les centralisations de plusieurs volets sur un même récepteur.
Le câblage d’un module radio respecte le schéma suivant : la phase d’alimentation générale entre sur la borne L du module, le neutre se raccorde sur la borne N, et la terre sur PE. Les sorties du module (UP et DOWN) se connectent aux fils marron et noir du moteur, exactement comme le faisaient les sorties de l’inverseur filaire. L’inverseur mural d’origine peut être conservé comme commande de secours en cas de panne du système radio, ou retiré pour libérer l’espace mural si vous souhaitez une commande 100 % sans fil.
Les protocoles radio courants (Somfy RTS, io, Nice Era, Zigbee, Z-Wave, EnOcean) fonctionnent tous selon ce principe : le récepteur reçoit l’ordre de la télécommande ou de la box domotique, puis ferme le relais correspondant (montée ou descente) exactement comme le ferait un inverseur mécanique actionné manuellement. L’interverrouillage électronique du module empêche l’activation simultanée des deux relais, garantissant la même sécurité que le système filaire d’origine.
Tableau récap : fils → borne → fonction → vigilance
Astuce mobile : pour consulter confortablement ce tableau sur smartphone, passez votre écran en mode paysage.
| Fil (couleur) | Borne/chemin | Fonction | Vigilance |
|---|---|---|---|
| Marron | Sortie UP de l’inverseur → moteur | Alimente la montée du tablier | N’alimentez jamais simultanément avec le noir (risque court-circuit), respectez l’interverrouillage |
| Noir | Sortie DOWN de l’inverseur → moteur | Alimente la descente du tablier | Inverser avec le marron si le sens de marche est inversé après test |
| Bleu | Neutre direct du tableau → moteur | Retour du courant (N) | Ne doit jamais transiter par l’inverseur, raccordement direct obligatoire |
| Vert/jaune | Terre du tableau → châssis moteur | Protection électrique (PE) | Toujours raccorder au châssis métallique et au coffre si conducteur |
Mini-FAQ : vos questions sur le branchement volet roulant 4 fils
Peut-on inverser montée et descente si le sens est inversé ?
Oui, il suffit de permuter les raccordements des fils marron et noir après avoir coupé l’alimentation électrique. Dans la boîte de dérivation ou sur les bornes de l’inverseur, déconnectez le marron de la sortie montée (UP) et le noir de la sortie descente (DOWN), puis inversez-les : raccordez le marron sur DOWN et le noir sur UP. Testez à nouveau le fonctionnement en actionnant l’inverseur mural. Cette inversion ne présente aucun danger pour le moteur et corrige simplement l’erreur initiale de branchement ou compense une inversion réalisée en usine selon le sens de montage du moteur dans le coffre.
Où va le neutre dans un branchement volet roulant ?
Le neutre (fil bleu) se raccorde directement du tableau électrique au moteur sans passer par l’inverseur. Il transite éventuellement par une boîte de dérivation où il rejoint le fil bleu du moteur via un domino ou un connecteur automatique, mais il ne doit jamais être connecté à une borne de l’inverseur. Seule la phase emprunte le chemin de l’inverseur pour être commutée alternativement vers la montée (marron) ou la descente (noir). Ce raccordement direct du neutre garantit le retour permanent du courant et le fonctionnement correct du moteur quel que soit le sens de rotation demandé.
Quel disjoncteur pour un circuit volets roulants ?
Un circuit volets roulants en conducteurs de section 1,5 mm² doit être protégé par un disjoncteur divisionnaire de calibre maximum 16 A, installé sur le tableau électrique. Ce disjoncteur se positionne en aval d’un interrupteur différentiel 30 mA de type AC ou A qui protège l’ensemble des circuits de la zone concernée. Pour des installations comportant de nombreux volets ou des moteurs de forte puissance (baies vitrées, stores extérieurs), une section de conducteurs 2,5 mm² peut être utilisée avec un disjoncteur 20 A maximum. Le calibre du disjoncteur doit toujours correspondre à la section des conducteurs pour assurer une protection efficace contre les surintensités et les courts-circuits.
Faut-il un inverseur spécifique pour volet roulant ?
Oui, l’inverseur doit impérativement comporter un système d’interverrouillage qui empêche l’alimentation simultanée des sorties montée (UP) et descente (DOWN). Sans cet interverrouillage, un actionnement erroné ou une défaillance mécanique pourrait envoyer la phase simultanément sur les fils marron et noir, créant un court-circuit direct entre les deux bobinages du moteur qui détruirait instantanément celui-ci et provoquerait un risque d’incendie. Les inverseurs mécaniques classiques pour volets roulants (boutons poussoir haut/bas avec position centrale repos) intègrent naturellement cet interverrouillage par construction. Les modules électroniques et les récepteurs radio disposent d’un interverrouillage logiciel qui bloque l’activation des deux relais en même temps.
