Crédence de salle de bains : comment choisir, poser et garantir l’étanchéité
Une crédence de salle de bains est un panneau mural protecteur installé derrière le meuble vasque, le plan vasque ou le lavabo pour protéger le mur des projections d’eau. Pour la plupart des situations, une crédence adhésive en PVC ou aluminium composite offre le meilleur rapport facilité/prix/résultat, sans joints et avec un entretien facile.
Ce que vous allez apprendre :
- Où et pourquoi installer une crédence dans votre salle de bains
- Les 5 matériaux principaux comparés (avantages, limites, prix)
- Pose adhésive vs à coller : quelle méthode choisir
- La technique pour une étanchéité parfaite avec le joint silicone
- Les erreurs qui compromettent la durabilité
Où installer une crédence de salle de bains et pourquoi
La crédence protège les zones exposées aux projections d’eau répétées que le simple carrelage ou la peinture ne supportent pas longtemps.
Derrière le meuble vasque et le plan vasque : zone prioritaire numéro un. L’eau éclabousse systématiquement lors du lavage des mains, du brossage de dents, du rasage. Sans protection, le mur se tache, moisit, et la peinture cloque. La crédence monte généralement jusqu’au niveau du miroir (60-80 cm de hauteur minimum au-dessus du plan vasque).
Derrière le lavabo suspendu : même logique, avec des projections encore plus importantes puisque l’eau rebondit directement sur le mur sans plan de vasque pour arrêter une partie des éclaboussures. Prévoyez une crédence de 80-100 cm de hauteur.
Autour de la baignoire : si vous avez une baignoire sans cabine de douche mais utilisée pour la douche, les 3 murs adjacents nécessitent une protection complète du sol au plafond. La crédence de salle de bains seule ne suffit pas dans ce cas : optez plutôt pour du carrelage complet, des panneaux muraux étanches grand format, ou une cabine intégrée.
Zone douche : ici, on parle plutôt de panneau mural salle de bain complet que de simple crédence. Les projections sont massives et continues. Les solutions : carrelage traditionnel, panneaux composites étanches grand format (200×100 cm), verre acrylique mural. La crédence adhésive classique (60×70 cm) n’est pas adaptée.
Derrière les robinets et mitigeurs : zone souvent oubliée. Les gouttes tombent quotidiennement derrière les commandes. Une petite crédence ou une bande de protection évite les infiltrations dans le temps.
Quand la crédence est-elle facultative : sur un mur éloigné de plus de 80 cm de tout point d’eau, une peinture spéciale salle de bain ou un enduit hydrofuge suffit. Pas besoin de surinvestir.
Les 5 matériaux de crédence comparés : faire le bon choix
Chaque matériau a ses forces et ses faiblesses. Voici comment choisir selon votre situation.
PVC et vinyle : les plus économiques (30-80€ le panneau 60×70 cm). Légers, faciles à découper avec un cutter, généralement en pose adhésive avec double-face fourni. Finitions variées (imitation marbre, béton, carreaux de métro). Résistent bien aux projections d’eau si correctement jointoyés.
Limites : sensibles aux chocs (se rayent facilement), aspect parfois plastifié peu haut de gamme, tiennent mal sur un mur humide ou irrégulier. Durée de vie 5-8 ans. Idéal pour une salle de bains locative, un budget serré, ou une rénovation rapide sans travaux lourds.
Aluminium composite : panneaux de 2-3 mm d’épaisseur, légèrement plus rigides que le PVC (50-120€). Finitions modernes (brossé, brillant, couleurs unies). Pose adhésive ou à coller selon l’épaisseur. Très facile d’entretien : un coup d’éponge suffit. Résiste mieux aux chocs que le PVC.
Limites : découpe plus délicate (scie sauteuse avec lame métal), peut se cabosser si impact violent. Alternative au carrelage convaincante pour un rendu contemporain sans joints visibles. Durée de vie 10-12 ans.
Carrelage et faïence : la solution traditionnelle et la plus durable. Pose à coller avec mortier-colle, joints entre carreaux obligatoires. Résistance maximale, choix esthétique immense, valeur ajoutée pour la revente. Imperméable si correctement posé.
Limites : nécessite un savoir-faire (découpe à la carrelette, respect de l’aplomb), temps de pose long (minimum 2 jours avec séchage), coût élevé si vous faites appel à un carreleur (150-300€/m² main-d’œuvre comprise). Les joints demandent un entretien régulier (anti-moisissure). Solution pérenne mais engageante.
Verre acrylique (plexiglas) : panneaux transparents, colorés ou imprimés (photo, motifs). Effet design et lumineux. Très étanche car sans joints. Nettoyage facile mais se raye au contact de produits abrasifs. Pose à coller avec adhésif spécial ou fixations mécaniques.
Limites : prix élevé (100-200€ selon dimensions et finition), découpe professionnelle souvent nécessaire, sensible aux rayures. Réservé à ceux qui cherchent un effet visuel fort ou une personnalisation (impression photo). Durée de vie 8-10 ans si bien entretenu.
Inox brossé : aspect professionnel façon cuisine de restaurant. Très résistant, étanche, moderne. Pose à coller. Entretien facile mais traces de doigts et calcaire visibles.
Limites : coût élevé (120-250€), aspect froid qui ne plaît pas à tous, découpe professionnelle recommandée. Pour les amateurs de style industriel ou minimaliste. Durée de vie 15 ans et plus.
Verdict rapide : budget serré et pose DIY = PVC/vinyle adhésif ; équilibre moderne = aluminium composite ; durabilité maximale = carrelage ; effet design = verre acrylique ; style industriel = inox.
Crédence adhésive ou à coller : quelle méthode de pose choisir
Le mode de fixation dépend du matériau, de l’état du mur et de la durabilité souhaitée.
Crédence adhésive avec double-face : solution la plus simple. Le panneau (PVC ou alu composite fin) arrive avec un adhésif double-face pré-encollé au dos. Il suffit de retirer la protection et de plaquer contre le mur. Pose en 15-30 minutes.
Avantages : aucun outil spécifique, aucun temps de séchage, réversible (on peut décoller sans trop abîmer le mur si on chauffe au sèche-cheveux), idéal pour locataire ou rénovation légère.
Limites : le mur doit être parfaitement propre, sec, lisse et dégraissé sinon le double-face ne tient pas. Ne convient pas sur un mur qui respire l’humidité ou un ancien carrelage. Tenue limitée dans le temps (3-5 ans) si zone très humide. Impossible sur surface poreuse (plâtre brut).
Crédence à coller avec mortier-colle ou colle spéciale : pour carrelage, verre épais, inox, ou alu composite épais. On applique un mortier-colle (carrelage) ou une colle MS polymère (autres matériaux) au dos du panneau ou au mur. On presse, on cale avec des cales si besoin. Séchage 24-48h.
Avantages : tenue maximale, fonctionne sur tous supports (placo, béton, ancien carrelage) après préparation du support correcte. Durabilité excellente si bien réalisée.
Limites : nécessite spatule crantée, respect du temps de séchage, difficulté à repositionner une fois collé. Plus technique mais plus fiable à long terme.
Méthode hybride : double encollage pour sécuriser. On ajoute un cordon de mastic silicone neutre sur le pourtour du panneau adhésif avant de le plaquer. Cela renforce l’adhérence et parfait l’étanchéité. Recommandé en zone très exposée (lavabo suspendu).
Quel choix faire : mur parfait + budget limité + rénovation rapide = adhésif ; mur imparfait + durabilité maximale + budget moyen = à coller ; zone douche/baignoire = obligatoirement à coller avec produits étanches.
Préparation du support : l’étape qui conditionne la réussite
Une crédence bien posée commence par un mur bien préparé. Aucun raccourci possible.
Nettoyage et dégraissage : lessivez le mur avec un détergent type Saint-Marc ou dégraissant ménager. Rincez à l’eau claire. Laissez sécher 24h minimum. Les traces de savon, de calcaire ou de graisse empêchent l’adhérence.
Vérification de la planéité : posez une règle de maçon de 2 mètres contre le mur. Les creux et bosses supérieurs à 3 mm compromettent la pose d’une crédence fine. Comblez les creux avec un enduit de rebouchage, poncez les bosses. Sur un mur très irrégulier, posez d’abord un panneau de sous-couche type plaque ciment hydrofuge pour retrouver un plan parfait.
Traitement de l’humidité : si le mur présente des traces de moisissure ou d’humidité persistante, traitez la cause avant de poser (fuite, ventilation insuffisante). Appliquez un traitement anti-moisissure, laissez agir selon notice, puis un primaire anti-humidité. Attendre le séchage complet. Poser une crédence sur un mur humide condamne la pose à l’échec en quelques mois.
Dépoussiérage final : passez l’aspirateur puis un chiffon microfibre humide sur toute la zone de pose. Laissez sécher. La moindre poussière se transforme en point de décollement pour l’adhésif.
Sur ancien carrelage : la crédence peut se poser par-dessus s’il est solidement fixé. Dégraissez intensivement (le carrelage accumule des films invisibles), puis poncez légèrement au papier grain 120 pour créer de l’accroche si vous utilisez une crédence à coller. Pour l’adhésif, dégraissage seul suffit.
Pose de la crédence : check-list en 6 étapes
Synthèse de la méthode pour une installation sans erreur.
Étape 1 – Mesure et découpe : mesurez la zone à couvrir. Ajoutez 2-3 cm de marge pour les ajustements. Pour le PVC/vinyle, découpez au cutter et règle métallique sur une surface plane. Pour l’alu composite, utilisez une scie sauteuse lame métal. Pour le carrelage, carrelette manuelle ou électrique. Pour le verre, faites découper en magasin spécialisé.
Étape 2 – Repérage au mur : tracez au crayon les repères de niveau (ligne horizontale au niveau laser ou règle + niveau à bulle). La crédence doit être parfaitement de niveau sinon le défaut se voit immédiatement.
Étape 3 – Application de l’adhésif ou de la colle : pour adhésif double-face, retirez la protection progressivement en plaquant. Pour mortier-colle, encollez le mur et/ou le dos de la crédence avec une spatule crantée (peigne de 6-8 mm). Pour mastic silicone, déposez un cordon sur le pourtour + un zigzag au centre.
Étape 4 – Pose et ajustement : plaquez la crédence en partant d’un coin, en suivant vos repères. Pressez fermement sur toute la surface (rouleau à maroufler ou chiffon). Pour la colle, tapotez au maillet caoutchouc pour chasser les bulles d’air. Vérifiez le niveau. Vous avez 5-10 minutes pour ajuster avant prise définitive si colle.
Étape 5 – Calage si nécessaire : maintenez la crédence avec des cales ou du ruban adhésif le temps du séchage (24-48h pour mortier-colle). Ne touchez pas pendant ce délai.
Étape 6 – Finitions et étanchéité : une fois la colle sèche ou l’adhésif stabilisé (12h minimum), appliquez le joint silicone sur tout le pourtour (voir section suivante).
Étanchéité parfaite : maîtriser le joint silicone autour de la crédence
L’étanchéité se joue dans les finitions. Un joint silicone bien réalisé protège pour des années.
Pourquoi le joint silicone est obligatoire : même si votre crédence est étanche, l’eau s’infiltre par les jointures avec le plan vasque, les côtés latéraux, le haut de la crédence. Ces infiltrations créent moisissures, décollements et dégâts dans le mur. Le joint silicone crée une barrière continue.
Quel mastic silicone choisir : utilisez exclusivement un mastic silicone spécial sanitaire anti-moisissure. Les silicones universels jaunissent et moisissent en milieu humide. Couleur : transparent (discret, s’adapte à tout) ou blanc (net sur crédence claire). Préférez les cartouches avec bec fin pour plus de précision.
Préparation avant application : nettoyez et dégraissez les zones de contact (bord de crédence, plan vasque, mur latéral). Séchez parfaitement. Toute trace d’humidité ou de graisse empêche l’adhérence du silicone.
Technique du ruban de masquage : collez du ruban de masquage de chaque côté du futur joint, à 2-3 mm du bord. Cela délimite la largeur du joint et permet un résultat professionnel même pour un débutant. Ne sautez pas cette étape si vous voulez un rendu net.
Application du cordon : coupez la canule du mastic à 45° (ouverture de 3-4 mm). Insérez la cartouche dans le pistolet. Appuyez régulièrement en faisant glisser la canule le long du joint à remplir. Le cordon doit être généreux, légèrement bombé. Mieux vaut trop que pas assez.
Lissage immédiat : dans les 2 minutes qui suivent (avant que le silicone ne commence à prendre), lissez le joint avec votre doigt humecté d’eau savonneuse ou avec un lisseur à joint. Un seul passage continu du début à la fin, sans à-coups. Retirez le ruban de masquage immédiatement après lissage, peinture encore fraîche (si vous attendez, elle arrachera).
Séchage : ne touchez pas pendant 24h. Évitez tout contact avec l’eau pendant 48h pour une polymérisation complète. Après ce délai, le joint est opérationnel.
Joints à réaliser : bas de crédence (jonction avec plan vasque ou lavabo), côtés gauche et droit (jonction avec mur latéral ou meuble), haut de crédence si elle ne monte pas jusqu’au plafond (jonction avec le mur supérieur). Faites le tour complet de la crédence.
Erreurs fréquentes qui condamnent une crédence et comment les éviter
Certaines fautes compromettent la durabilité malgré un bon matériau.
Poser sur un mur humide ou moisi : l’humidité décolle l’adhésif en quelques semaines, ou empêche la prise de la colle. Résultat : crédence qui gondole, se décolle, moisit par-dessous. Correction : assainissez le mur d’abord (traitement, ventilation, réparation de fuite), laissez sécher complètement, puis seulement posez.
Négliger le dégraissage : un film gras invisible suffit à annuler l’adhérence. Correction : lessivage systématique avant toute pose, même sur un mur “qui a l’air propre”. Deux passages avec rinçage entre les deux.
Oublier le joint silicone : “la crédence est étanche, pas besoin de joint”. Erreur fatale. L’eau passe par les bordures. Correction : joint silicone sur les 4 côtés, non négociable. C’est lui qui garantit l’étanchéité réelle.
Poser une crédence trop petite : une crédence qui s’arrête 20 cm au-dessus du plan vasque n’a aucun sens. Les éclaboussures montent à 50-60 cm minimum. Correction : hauteur minimale 60 cm au-dessus de la vasque, idéalement jusqu’au miroir ou 80 cm.
Découper au dernier moment : mesurer, découper, poser dans la foulée sans vérification. La crédence est 3 cm trop courte. Correction : mesurez deux fois, découpez une fois. Faites un gabarit papier si doutes. Testez la découpe à blanc avant de retirer l’adhésif.
Utiliser le mauvais silicone : mastic acrylique (peinture), silicone acétique (odeur vinaigre, fait rouiller l’inox), ou silicone premier prix qui moisit. Correction : silicone sanitaire neutre anti-moisissure de marque reconnue (Rubson, Sika, Ottoseal).
Poser sans respecter les temps de séchage : utiliser le lavabo 2h après pose alors que la colle n’a pas pris. Les vibrations et l’humidité décollent tout. Correction : patience. 24h minimum avant usage léger, 48h avant usage normal.
Entretien et durabilité de la crédence de salle de bains
Une crédence bien entretenue conserve son esthétique et son étanchéité pendant des années.
Nettoyage quotidien : passez une éponge douce humide ou une raclette après chaque utilisation pour éliminer calcaire et gouttes. Cette simple habitude double la durée de vie en évitant l’accumulation.
Nettoyage hebdomadaire : spray nettoyant salle de bain pH neutre ou vinaigre blanc dilué (50/50 avec eau). Pulvérisez, laissez agir 5 minutes, rincez, essuyez. Évitez les produits abrasifs (crème à récurer) qui rayent PVC, alu et verre acrylique.
Joints silicone : surveillez l’apparition de moisissures noires. Si présentes, nettoyez avec un produit anti-moisissure ou eau de javel diluée appliquée au coton-tige. Si le joint noircit malgré tout ou se décolle, retirez-le (cutter), nettoyez les résidus (grattoir + alcool), laissez sécher puis refaites un joint neuf.
Contrôle semestriel : vérifiez que la crédence ne se décolle pas dans les angles, que les joints restent étanches, qu’aucune infiltration ne se forme derrière. Une petite réparation à temps évite un gros dégât.
Durée de vie attendue : PVC/vinyle adhésif 5-8 ans, aluminium composite 10-12 ans, carrelage 20 ans et plus, verre acrylique 8-10 ans, inox 15 ans et plus. Ces durées supposent pose et entretien corrects.
Crédence de salle de bains : l’alternative au carrelage qui simplifie la rénovation
La crédence murale moderne offre une solution rapide, étanche et esthétique pour protéger les zones sensibles autour du meuble vasque, du plan vasque et du lavabo. Les panneaux sans joints en PVC, aluminium composite ou verre acrylique remplacent avantageusement le carrelage sur ces petites surfaces, avec une pose accessible aux bricoleurs et un entretien facile.
Le succès repose sur trois piliers : préparation rigoureuse du support (dégraissage, planéité), choix du matériau adapté à votre budget et usage, et finition étanche par joints silicone sur tout le pourtour. En 2-3 heures de travail et moins de 100€ de matériel, votre salle de bains gagne en protection et en modernité pour 8 à 10 ans minimum.
