Terrasse bois sur plot béton : conception, pose et erreurs à éviter

Terrasse bois sur plot béton : conception, pose et erreurs à éviter
Une terrasse bois sur plots béton nécessite quatre paramètres structurels essentiels : une pente d’évacuation de 1 à 2 % dirigée à l’opposé de la façade, une ventilation sous platelage d’au moins 5 cm en continu, un entraxe de lambourdes de 40 à 50 cm adapté à l’épaisseur des lames, et une trame de plots espacés de 40 à 60 cm sous chaque lambourde avec densification aux rives et zones de charge. Ce système convient aux sols meubles ou irréguliers où une dalle béton serait surdimensionnée, offrant une solution durable et économique moyennant une mise en œuvre soignée. Ce guide détaille l’implantation, le dimensionnement, les étapes de réalisation du terrassement au platelage, le comparatif avec les plots réglables PVC, et la check-list des erreurs fréquentes qui compromettent la longévité de l’ouvrage.
Terrasse bois sur plots béton : dans quels cas c’est le bon choix
Le système sur plots béton s’impose lorsque le terrain présente des irrégularités de niveau supérieures à 10 cm sur l’emprise de la terrasse. Plutôt que de décaisser massivement ou de couler une dalle complète, les plots ponctuels rattrapent les dénivelés en créant des appuis stables pour les lambourdes porteuses. Cette technique convient également aux sols argileux ou remblayés récents où une dalle risquerait de fissurer sous l’effet des tassements différentiels, alors que des plots indépendants absorbent ces micro-mouvements sans désordre structurel.
Le budget optimisé constitue le second atout majeur. Un dé de béton de 30×30×30 cm nécessite environ 27 litres de béton prêt à l’emploi, soit 70 à 100 kg de mélange sec pour un coût matière de 8 à 12 € par plot coffré. Une terrasse de 20 m² accueillant 30 à 40 plots revient ainsi à 250-400 € de béton contre 800-1 200 € pour une dalle complète de 10 cm d’épaisseur, hors terrassement et ferraillage. Le gain de temps se mesure également : les plots peuvent être coulés par séries de 10-15 unités chaque jour, permettant de progresser par zones sans attendre le séchage complet d’une dalle monolithique.
La maintenance réduite découle de trois facteurs : l’absence de joint de dilatation entre plots élimine tout risque de fissuration en chaîne, la ventilation naturelle sous le platelage évacue l’humidité résiduelle qui pourrait dégrader les lambourdes, et la facilité d’accès sous la structure autorise des inspections régulières et le remplacement ponctuel d’un plot affaissé sans démontage complet. Ces avantages expliquent pourquoi cette technique reste privilégiée en auto-construction et en rénovation de terrasses sur sol existant.
Face aux plots réglables en PVC ou polypropylène, le plot béton affiche une durabilité supérieure (50 ans et plus) contre 20-30 ans pour les plots plastiques exposés aux UV et aux cycles gel-dégel. En revanche, le plot réglable autorise un ajustement millimétrique de hauteur après pose et se met en œuvre en quelques heures là où le béton réclame coffrage, coulage et temps de prise. Le choix entre les deux systèmes dépend du budget disponible, du délai du chantier et de la capacité à réaliser des nivellements précis au cordeau et au niveau laser.
Dimensionner la structure : pente, entraxes, trame des plots
La pente d’écoulement des eaux pluviales se calcule entre 1 et 2 % de la longueur de la terrasse mesurée perpendiculairement à la façade. Pour une terrasse de 4 mètres de profondeur, prévoyez ainsi une différence de niveau de 4 à 8 cm entre le seuil de porte et le bord opposé. Cette déclivité s’obtient en ajustant la hauteur de chaque rangée de plots lors du coulage, en utilisant un niveau laser rotatif qui projette un plan de référence horizontal sur des mires graduées placées à chaque emplacement de plot. Tracez ensuite au cordeau tendu la ligne de pente souhaitée et relevez les cotes de hauteur finie pour chaque plot.
Le vide d’air sous le platelage garantit la ventilation et l’évacuation de l’humidité qui condense naturellement sous les lames. Une hauteur minimale de 5 cm entre le sol fini et la face inférieure des lambourdes permet une circulation d’air latérale suffisante pour assécher le bois après les pluies et limiter le développement de champignons ou d’insectes xylophages. Sur un terrain en pente naturelle ou pour des raisons esthétiques (alignement avec un seuil existant), cette hauteur peut atteindre 20 à 40 cm, nécessitant alors des plots plus hauts ou l’ajout de poteaux bois traités classe 4 ancrés dans les dés béton.
L’entraxe entre lambourdes se détermine selon l’épaisseur et l’essence des lames de platelage. Les lames résineux classe 4 (pin traité autoclave, douglas, mélèze) d’épaisseur 22 à 27 mm supportent un écartement de lambourdes de 40 cm maximum pour éviter toute flexion sous la charge d’usage. Les lames exotiques (ipé, cumaru, teck) d’épaisseur 21 mm autorisent 40 à 45 cm grâce à leur module d’élasticité supérieur. Les lames composites de 23-25 mm tolèrent généralement 40 cm, mais consultez systématiquement les préconisations du fabricant qui peuvent imposer 35 cm pour certaines gammes souples. En cas de doute, privilégiez toujours l’entraxe le plus serré : un surcoût de 10-15 % en lambourdes élimine tout risque de fléchissement désagréable sous le pas.
La trame des plots sous les lambourdes respecte un espacement de 40 à 60 cm mesuré dans le sens de la longueur de la lambourde. Une lambourde de section 45×70 mm en pin classe 4 supporte sans fléchir une portée de 60 cm entre appuis pour les charges d’usage résidentiel (250 kg/m² selon Eurocode 1). Densifiez impérativement cette trame aux zones sensibles : rives périphériques de la terrasse (plot tous les 40 cm pour rigidifier le bord), angles et retours en L (double appui à 30 cm de l’angle), seuils de portes et marches d’escalier (plots tous les 30-40 cm pour absorber les charges dynamiques). Matérialisez cette implantation au sol avec des piquets et un cordeau avant tout terrassement pour visualiser l’alignement et corriger les éventuels défauts de trame.
Les bandes d’arase en bitume armé ou en EPDM se posent sur la face supérieure de chaque lambourde avant vissage des lames. Cette barrière étanche empêche les remontées d’humidité par capillarité depuis le béton des plots vers le bois, et protège la face supérieure des lambourdes contre l’eau stagnant dans les cannelures des lames. Découpez des bandes de 50 mm de largeur, déroulez-les sur toute la longueur de chaque lambourde en les maintenant avec quelques agrafes inox, puis vissez les lames à travers cette protection. La quincaillerie inox A2 (environnement humide non marin) ou A4 (bord de mer) garantit une tenue sans corrosion pendant toute la durée de vie de la terrasse, les vis acier zingué jaunissant et se fragilisant dès 3-5 ans d’exposition.
Pas-à-pas : du sol à la première lame
La préparation du terrain débute par un décaissement de 15 à 20 cm sur l’emprise totale de la terrasse, augmenté de 30 cm en périphérie pour créer une bordure drainante. Évacuez la terre végétale qui contient graines et racines, puis nivelez grossièrement le fond de fouille en conservant une légère pente naturelle vers l’extérieur. Déroulez un géotextile de 100 à 130 g/m² sur toute la surface en faisant chevaucher les lés de 20 cm : cette nappe anti-contaminante empêche les remontées végétales et la migration des fines du sol vers le hérisson drainant qui la surmonte.
Implantez les emplacements de plots selon la trame calculée précédemment. Matérialisez chaque position par un piquet enfoncé de 10 cm, reliez-les au cordeau pour vérifier les alignements longitudinaux et transversaux, puis mesurez les diagonales : leur égalité (à 2 cm près) garantit l’équerrage de l’ensemble. Tracez au sol les contours de chaque plot à l’aide d’une bombe de peinture ou de plâtre, puis retirez les piquets centraux pour libérer l’espace de terrassement.
La confection des plots commence par le terrassement ponctuel de chaque emplacement sur 25 à 30 cm de profondeur en respectant les contours tracés. Versez un lit de graviers 10/20 ou 20/40 sur 10 cm d’épaisseur au fond de chaque excavation, compactez vigoureusement à la dame manuelle ou à la plaque vibrante si vous en disposez, puis nivelez ce lit drainant qui absorbe les variations volumétriques du sol sous-jacent. Positionnez un coffrage pour maintenir le béton frais : tube PVC de 200 mm coupé à la hauteur voulue, coffrage carré en planches de 25 à 35 cm de côté, ou moule métallique réutilisable. Calez le coffrage verticalement en comblant les interstices avec de la terre compactée.
Coulez le béton prêt à l’emploi (dosage 350 kg/m³ recommandé pour les ouvrages extérieurs) ou gâchez un mélange sec (1 volume de ciment gris CPJ 32,5 pour 2 volumes de sable 0/4 et 3 volumes de gravillon 4/10). Remplissez le coffrage en deux temps : 50 % du volume, vibrez à la truelle ou au bâton pour chasser les bulles d’air, complétez jusqu’à 2 cm du bord supérieur. Lissez la surface à la taloche en créant un léger bombement central qui facilitera l’évacuation d’eau. Si le plot dépasse 40 cm de hauteur ou supporte une charge ponctuelle importante (poteau de pergola, appui d’escalier), noyez deux tiges filetées M10 ou M12 en inox dépassant de 10 cm pour ancrer ultérieurement la lambourde ou le poteau par boulonnage.
La mise à niveau s’effectue pendant la prise du béton, entre 30 minutes et 2 heures après coulage selon la température ambiante. Posez un niveau à bulle sur une règle de 2 mètres appuyée sur plusieurs plots voisins, vérifiez la pente générale dans les deux directions perpendiculaires, puis ajustez la hauteur des plots encore malléables en enfonçant légèrement le coffrage ou en ajoutant une fine couche de mortier de rattrapage. Répétez cette opération toutes les 30 minutes pendant les 3 premières heures pour compenser le tassement naturel du béton frais. Laissez prendre 48 heures minimum avant de décoffrer et 7 jours avant de charger significativement les plots.
Le portage des lambourdes intervient après le durcissement complet des plots. Disposez les lambourdes bois classe 4 (pin autoclave, douglas, robinier) perpendiculairement au sens de pose des lames, en les centrant sur les rangées de plots. Intercalez systématiquement des cales imputrescibles (plastique, PVC rigide, plaquettes de composite) entre le béton et le bois pour créer une microlame d’air complémentaire et faciliter un réglage fin de hauteur. Contrôlez l’aplomb longitudinal de chaque lambourde avec un niveau de 1,50 m, ajoutez ou retirez des cales millimétriques jusqu’à obtenir la rectitude parfaite. Vérifiez ensuite l’alignement transversal au cordeau tendu entre les extrémités : un écart supérieur à 5 mm sur 5 mètres nécessite un ajustement des cales ou un rabotage localisé de la lambourde.
Fixez les lambourdes aux plots par vissage dans des chevilles chimiques scellées dans le béton (plot sans armature), ou par boulonnage sur les tiges filetées noyées lors du coulage (plot armé). Les chevilles chimiques s’installent en perçant le béton durci au foret béton Ø12 mm sur 80 mm de profondeur, en injectant la résine bi-composante puis en vissant une tige filetée M10×120 mm. Placez une rondelle large inox sous l’écrou pour répartir la pression sur le bois et serrez modérément pour ne pas écraser la lambourde. Un vissage tous les 1,20 à 1,50 m suffit pour les terrasses résidentielles ; densifiez à 80 cm en zone venteuse ou pour les terrasses surélevées exposées au soulèvement.
Le platelage des lames débute par la première rangée positionnée contre la façade avec un jeu de dilatation de 10 à 15 mm pour permettre les variations dimensionnelles saisonnières du bois. Pré-percez chaque point de vissage au foret bois Ø3,5 mm pour éviter l’éclatement des rives, surtout sur bois durs exotiques. Vissez deux vis inox par lambourde avec un entraxe constant de 20 à 30 mm des rives latérales pour garantir la planéité. Espacez les lames de 5 à 7 mm (8 à 10 mm pour les essences tropicales sujettes à forte variation hydrique) en utilisant des cales d’épaisseur régulière que vous retirez après vissage de la lame suivante.
Décalez les aboutages de lames d’au moins 50 cm entre deux rangées consécutives pour répartir les zones de faiblesse et créer un calepinage harmonieux. Chaque about doit impérativement reposer sur une lambourde, avec les deux extrémités de lames vissées à 15 mm du chant pour éviter tout porte-à-faux. Conservez un jeu périphérique de 10 mm contre les murs et obstacles fixes (poteaux, regards) pour autoriser la dilatation sans contrainte. Terminez les rives par des bandeaux de finition en bois identique aux lames, vissés de chant sur les lambourdes de rive pour masquer les têtes de vis et offrir un aspect soigné.
Les finitions incluent le traitement de protection selon l’essence : les bois classe 4 autoclavés ne réclament aucun traitement supplémentaire mais peuvent recevoir un saturateur pigmenté pour stabiliser la teinte grisaillement naturel, les essences exotiques gagnent en longévité avec une huile de protection appliquée en deux couches espacées de 24 heures, et les résineux non traités nécessitent un dégriseur suivi d’un saturateur renouvelé annuellement. Attendez 3 à 6 mois après pose pour appliquer ces produits afin que le bois évacue l’humidité de fabrication et atteigne son équilibre hygroscopique extérieur.
Plots béton VS plots réglables : lequel choisir selon votre cas
Le plot béton excelle en longévité structurelle : correctement dimensionné et coulé sur sol compacté, il conserve ses propriétés mécaniques pendant 50 à 80 ans sans dégradation notable. Son coût matière reste imbattable (8-12 € par plot de 30×30×30 cm confectionné sur place) et il ne craint ni les UV, ni les cycles gel-dégel, ni les charges ponctuelles élevées (jusqu’à 1 500 kg par plot de section suffisante). Cette option convient aux budgets serrés, aux auto-constructeurs disposant de temps, et aux terrasses définitives où une modification ultérieure n’est pas envisagée.
En contrepartie, le plot béton exige un temps de mise en œuvre incompressible : terrassement, coffrage et coulage mobilisent 15 à 30 minutes par plot, auxquelles s’ajoutent 48 heures de prise avant décoffrage et 7 jours avant charge complète. La précision du nivellement repose sur le soin apporté pendant la prise, avec des ajustements possibles uniquement dans un délai de 2 heures après coulage. Toute erreur de hauteur supérieure à 15 mm nécessite un recalage ultérieur par cales épaisses ou mortier de ragréage, compromettant l’esthétique finale et la stabilité de la structure.
Le plot réglable en PVC ou polypropylène renforcé fibre de verre inverse ces contraintes : la pose s’effectue en 2 à 5 minutes par unité sur sol stable, l’ajustement millimétrique de hauteur s’opère par vissage ou emboîtement de modules empilables, et les corrections de niveau restent possibles à tout moment après pose en dévissant simplement la tête réglable. Cette souplesse autorise un phasage du chantier sans attendre de séchage, idéal pour les rénovations express ou les installations démontables (terrasses locatives, aménagements temporaires).
Le surcoût constitue le principal frein : un plot réglable PVC avec embase de répartition coûte 4 à 12 € selon la hauteur (5-20 cm) et la charge admissible (300-800 kg), auxquels s’ajoutent souvent des accessoires obligatoires (cales de pente, embases élargies pour sols meubles) qui portent le prix unitaire à 8-18 € contre 8-12 € pour le plot béton. Sur une terrasse de 20 m² nécessitant 35 plots, l’écart atteint 140 à 280 € en faveur du béton. La durabilité moindre du plastique (20-30 ans) et sa sensibilité aux charges dynamiques (piétinements répétés, déplacements de mobilier lourd) relativisent cet investissement initial plus élevé.
Le choix raisonné s’appuie sur trois critères : le délai disponible (béton si >15 jours, réglables si <7 jours), la nature du sol (béton sur sol meuble après compactage, réglables sur dalle existante ou sol très stable), et le caractère définitif du projet (béton pour terrasse pérenne de maison individuelle, réglables pour location ou résidence secondaire). Les deux systèmes cohabitent parfois : plots béton aux angles et appuis structurels, plots réglables en complément pour affiner les niveaux intermédiaires.
Tableau pratique : système, mise en œuvre, atouts, vigilance
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| Système | Mise en œuvre | Atouts | Vigilance |
|---|---|---|---|
| Plots béton coulés | Terrassement ponctuel, lit drainant, coffrage, coulage, nivellement pendant prise | Longévité 50+ ans, coût matière 8-12 €/plot, charges élevées admissibles, imputrescible | Temps incompressible (coffrage + 7 jours prise), précision limitée, ajustements ultérieurs difficiles |
| Plots réglables PVC/PP | Pose sur sol stable, empilement modules, réglage hauteur par vissage ou emboîtement | Rapidité 2-5 min/plot, réglages millimétriques permanents, démontable, pas de séchage | Surcoût 4-18 €/plot, durée vie 20-30 ans, sol porteur obligatoire, sensibilité UV |
| Longrines sur dés béton | Dés d’angle + intermédiaires, poutres bois classe 4 porteuses, lambourdes perpendiculaires | Portées longues (2-3 m entre dés), économie de plots, ventilation maximale | Dimensionnement poutres (section ≥70×150 mm), ancrages anti-soulèvement, planéité latérale critique |
| Dalle béton + lambourdes | Dalle monolithe 8-10 cm, lambourdes collées/chevillées, cales réglables | Planéité parfaite, charge répartie, accessible PMR, support de garde-corps | Coût élevé (50-80 €/m²), délai 28 jours, terrassement lourd, évacuation gravitaire complexe |
Erreurs fréquentes à éviter (check-list anti-désordres)
L’absence de pente ou une pente insuffisante provoque la stagnation des eaux pluviales en flaques localisées qui accélèrent le grisaillement du bois, favorisent le développement d’algues vertes glissantes et, en hiver, créent des plaques de verglas dangereuses. Vérifiez systématiquement la pente de 1 à 2 % au niveau laser avant coulage des plots, matérialisez-la par des repères de hauteur tracés sur des piquets, et contrôlez-la une dernière fois après pose des lambourdes en versant un seau d’eau pour observer l’écoulement.
Le défaut de ventilation sous platelage découle d’une hauteur insuffisante entre sol et lambourdes (moins de 5 cm), d’un platelage posé directement sur terre battue sans vide d’air, ou d’une obturation des côtés par des bandeaux pleins sans grilles de ventilation. Cette absence de circulation d’air confine l’humidité sous la terrasse, provoquant le pourrissement accéléré des lambourdes même en classe 4, l’apparition de champignons lignivores et une odeur de moisi persistante. Maintenez toujours un vide continu d’au moins 5 cm, multipliez les ouvertures latérales et évitez de stocker quoi que ce soit sous la terrasse.
Les plots posés sur sol non compacté tassent de façon différentielle sous la charge, créant des affaissements localisés, des marches d’escalier involontaires et des contraintes de cisaillement sur les lambourdes qui finissent par se fissurer. Compactez systématiquement le fond de fouille à la dame manuelle, installez un lit de gravier 10/20 sur 10 cm compacté vigoureusement, et laissez reposer 48 heures avant coulage si le sol a été récemment remblayé. Sur sol argileux ou très meuble, augmentez la section des plots (40×40 cm) pour répartir la charge sur une surface plus large.
L’entraxe excessif entre lambourdes génère une flexion désagréable des lames sous le poids d’une personne, un bruit de craquement à chaque pas, et à terme une déformation permanente des lames qui vrillent ou se cintrent. Respectez rigoureusement les préconisations du fabricant des lames (généralement 40 cm maximum pour lames résineux 22-27 mm, 35 cm pour composite souple), et en cas de doute, serrez l’entraxe plutôt que de l’élargir : le surcoût de 10-15 % en lambourdes supplémentaires garantit une rigidité irréprochable.
Le choix de bois non classe 4 pour les lambourdes condamne la structure à une durée de vie limitée à 5-10 ans au lieu des 25-40 ans attendus. Seuls les bois traités classe 4 (contact permanent avec eau ou sol) résistent durablement à l’humidité résiduelle sous le platelage. Proscrire absolument les bois classe 2 ou 3 destinés aux usages intérieurs ou sous abri, qui pourrissent en 3-7 ans en extérieur non ventilé. Exigez le marquage CE et la fiche technique attestant de la classe d’emploi lors de l’achat.
La visserie non inox se corrode en 2-5 ans d’exposition, laissant des coulures de rouille disgracieuses sur les lames claires, fragilisant les fixations jusqu’à la rupture et obligeant à un dévissage/revissage complet de la terrasse. N’utilisez que de la visserie inox A2 (environnement humide non marin) ou A4 (bord de mer, atmosphères chlorées), avec tête fraisée autoperceuse et filetage partiel pour assurer un serrage efficace sans fendre le bois. Le surcoût (15-25 € les 200 vis contre 5-8 € en acier zingué) s’amortit largement par l’absence de maintenance corrective.
L’absence de géotextile sous le hérisson drainant autorise les repousses végétales qui soulèvent progressivement les plots, créent des racines qui cisaillent les fondations et favorisent la prolifération d’insectes rampants sous la terrasse. Déroulez impérativement un géotextile de 100 à 130 g/m² sur l’emprise totale avant apport de gravier, avec chevauchement de 20 cm entre lés et remontée de 10 cm en périphérie pour assurer une continuité sans faille.
Les lames posées sans jeu de dilatation se bloquent mutuellement lors des gonflements estivaux (absorption d’humidité), générant des contraintes internes qui soulèvent les vis, gauchissent les lames et créent des bombements localisés. Respectez systématiquement un espacement de 5 à 7 mm entre lames résineux, 8 à 10 mm pour bois exotiques à forte variation dimensionnelle, et 10 à 15 mm en périphérie contre les murs ou obstacles fixes. Ces jeux se réduisent naturellement après la première année d’exposition, le bois atteignant son équilibre hygroscopique extérieur.
Mini-FAQ : vos questions sur la terrasse bois sur plots béton
Combien de plots au m² pour une terrasse bois ?
Le nombre de plots dépend de l’entraxe des lambourdes et de la trame choisie sous celles-ci. Pour une configuration standard avec lambourdes espacées de 40 cm et plots distants de 50 cm sous chaque lambourde, comptez environ 5 plots par mètre carré. Une terrasse de 20 m² nécessite ainsi 35 à 40 plots en incluant les densifications de rives et d’angles. Serrez cette trame à 40 cm entre plots (7-8 plots/m²) pour les zones de charge importante (marches, appuis de garde-corps, mobilier lourd) ou pour des lambourdes de section réduite. À l’inverse, une structure avec longrines porteuses sur dés d’angle et plots intermédiaires tous les 80 cm peut se contenter de 3-4 plots/m², au prix d’un dimensionnement renforcé des longrines (section 70×150 mm minimum).
Quelle pente donner à une terrasse bois sur plots ?
Visez une pente comprise entre 1 et 2 % mesurée perpendiculairement à la façade du bâtiment, soit 1 à 2 cm de dénivelé par mètre de profondeur. Pour une terrasse de 4 mètres, la différence de hauteur entre le seuil de porte et le bord opposé atteint ainsi 4 à 8 cm. Cette déclivité garantit l’écoulement gravitaire des eaux de pluie vers l’extérieur, évitant les flaques stagnantes qui accélèrent la dégradation du bois et créent des zones glissantes. Matérialisez cette pente dès l’implantation en calculant la hauteur finie de chaque rangée de plots, vérifiez-la au niveau laser pendant les coulages, puis contrôlez-la une dernière fois après pose des lambourdes en déversant de l’eau pour observer l’écoulement effectif.
Peut-on poser une terrasse sur plots sans décaisser ?
Poser sur terre meuble non décaissée expose à des tassements différentiels rapides qui déstabilisent la structure en 1-3 ans. Le décaissement de 15 à 20 cm permet d’éliminer la terre végétale riche en matières organiques (racines, graines) qui se décompose et se compacte de façon hétérogène. Sur sol très stable (dalle béton existante, terre compactée mécaniquement depuis plusieurs années), une pose directe reste envisageable à condition de dérouler un géotextile épais et d’installer les plots sur cales de répartition élargies. Dans tous les cas, privilégiez un lit de gravier drainant de 10 cm compacté qui absorbe les micro-mouvements du sol support et facilite l’évacuation latérale de l’eau.
Quelle visserie utiliser pour fixer les lames de terrasse ?
Exigez exclusivement de la visserie en inox A2 (milieu humide non marin) ou A4 (atmosphères salines, bord de mer), avec tête fraisée autoperceuse et double filetage (partiel ou total selon l’essence). Les vis doivent mesurer 50 à 65 mm de longueur pour traverser la lame (22-27 mm) et s’ancrer d’au moins 30 mm dans la lambourde, assurant une tenue mécanique durable. Complétez cette visserie par des bandes d’arase bitumineuses ou EPDM de 50 mm de largeur posées sur la face supérieure des lambourdes avant fixation des lames : cette barrière empêche les remontées capillaires d’humidité et protège le point de contact bois-bois, zone privilégiée de rétention d’eau et de développement fongique.
