Guide pour choisir sa planche bois selon son projet

Une planche de bois est un élément en bois massif rectangulaire, découpé dans le sens de la longueur du tronc, avec une épaisseur généralement comprise entre 18 et 40 mm. Contrairement au tasseau (section carrée ou presque), à la volige (fine lame destinée à la couverture) ou au panneau (matériau reconstitué), la planche présente une largeur nettement supérieure à son épaisseur et se prête aux usages structurels, décoratifs ou d’aménagement.
Choisir en 60 secondes :
- Projet étagère/tablette : planche rabotée sapin 18–27 mm, largeur 20–30 cm, longueur sur mesure
- Coffrage béton : planche brute résineux 27 mm minimum, résiste à l’humidité, se démonte facilement
- Usage extérieur : bois traité classe 3 ou 4, épaisseur 22–27 mm, essence durable (douglas, mélèze)
- Budget serré : sapin/épicéa brut, bon rapport qualité-prix, accepte peinture ou vernis
- Finition visible : chêne ou douglas raboté, esthétique naturelle, plus résistant dans le temps
Planche bois, tasseau, volige : quelle différence concrète ?
Le vocabulaire du bois de charpente crée des confusions fréquentes chez l’acheteur. Une planche de bois désigne une pièce dont la largeur dépasse largement l’épaisseur (rapport ≥ 3:1). Elle sert de support horizontal (étagère, tablette bois), de panneau de fermeture ou de matériau de coffrage.
Le tasseau possède une section presque carrée ou rectangulaire étroite (par exemple 20 × 40 mm). Il remplit un rôle de renfort, de montant ou de latte de fixation, mais rarement de surface porteuse large.
La volige se définit par sa minceur (12–16 mm) et sa largeur réduite (10–15 cm). Elle se cloue sur la charpente pour recevoir la couverture, jamais pour supporter des charges importantes.
Le panneau désigne un matériau reconstitué (contreplaqué, OSB, MDF) ou abouté. Il ne s’agit pas de bois massif en une seule pièce, contrairement à la planche.
Retenir cette distinction évite les erreurs de commande et garantit la solidité du projet.
Planche brute ou planche rabotée : impact sur le rendu et le prix
La planche brute sort directement de la scierie, avec une surface rugueuse marquée par les traces de scie. Ses dimensions sont commerciales (une planche annoncée 27 mm fait environ 27 mm réels). Elle coûte 20 à 30 % moins cher que son équivalent raboté et convient parfaitement au coffrage béton, aux structures cachées ou aux projets de bricolage où la finition sera masquée.
La planche rabotée passe par une raboteuse qui lisse les quatre faces et calibre précisément les dimensions. Une planche annoncée 27 mm fini fait environ 24–25 mm après rabotage. Elle offre un toucher agréable, des arêtes nettes et une esthétique prête à recevoir lasure, vernis ou huile. Ce traitement mécanique justifie le surcoût mais devient indispensable pour toute surface visible : étagère, tablette bois, meuble ouvert.
Cas d’usage recommandés :
- Brute : charpente, coffrage, support caché, palette DIY, budget limité
- Rabotée : étagère apparente, plan de travail provisoire, décoration intérieure, montage sans ponçage
Choisir le bon état de surface dès l’achat réduit le temps de préparation et maîtrise le budget.
Comprendre les dimensions : épaisseur, largeur, longueur (section)
Le commerce du bois utilise la notion de section pour désigner épaisseur × largeur. Une planche de 27 × 200 mm mesure 27 mm d’épaisseur et 200 mm de largeur. La longueur se commande séparément, souvent par tranches de 50 cm (2 m, 2,5 m, 3 m, 4 m).
Épaisseurs courantes et usages :
- 18 mm : étagère légère (livres en format poche, décoration), portée < 80 cm sans renfort
- 22 mm : tablette polyvalente, portée jusqu’à 100 cm, coffrage ponctuel
- 27 mm : standard robuste pour étagère chargée (outils, vaisselle), coffrage béton, banc d’appoint
- 34–40 mm : charges lourdes, marches d’escalier, plan de travail temporaire
La largeur influence la stabilité et l’esthétique. Pour une étagère murale, 20 à 30 cm suffisent. Un plan de travail ou une tablette profonde demande 40 à 50 cm. Au-delà, le risque de déformation (tuilage, cintrage) augmente sans renfort central.
La longueur maximale disponible atteint généralement 5 m en sapin/épicéa. Privilégier une seule pièce évite les assemblages et renforce la solidité. Pour des portées > 120 cm chargées, ajouter une équerre ou un tasseau de renfort tous les 60–80 cm.
Essences de bois : sapin, épicéa, douglas, chêne
Le sapin et l’épicéa dominent le marché de la planche bois grâce à leur rapport qualité-prix. Ces résineux légers (densité ~450 kg/m³) se travaillent facilement, acceptent clous et vis sans pré-perçage excessif, et se trouvent en versions brute ou rabotée à coût modéré. Ils conviennent parfaitement à l’intérieur (classe 1 ou 2) mais nécessitent un traitement pour l’extérieur.
Le douglas (pin d’Oregon) affiche une durabilité naturelle supérieure (classe 3). Sa teinte rosée et sa résistance aux champignons en font un choix prisé pour les aménagements extérieurs non couverts : terrasse, bardage, jardinière. Il coûte 30 à 50 % plus cher que le sapin.
Le chêne représente le haut de gamme en bois massif. Dense (densité ~700 kg/m³), stable, noble d’aspect, il traverse les décennies sans faiblir. Son prix élevé (×2 à ×3 par rapport au sapin) le réserve aux tablettes visibles, aux plans de travail durables ou aux meubles sur mesure.
Le mélèze et le châtaignier offrent des compromis intéressants : durabilité naturelle classe 3, esthétique chaleureuse, tarif intermédiaire. Moins répandus en grandes surfaces, ils se trouvent chez les négociants spécialisés.
Planche de coffrage : critères techniques pour couler du béton
Le coffrage béton impose des contraintes mécaniques importantes : pression du béton frais, humidité, décoffrage répété. Une planche de coffrage efficace répond à quatre exigences.
Épaisseur minimum 27 mm pour résister à la poussée sans fléchir. En dessous, le risque de déformation ou de rupture augmente, surtout sur des hauteurs > 50 cm.
Essence résineuse brute (sapin, épicéa) : le coût contenu permet de renouveler les planches après quelques utilisations. La surface brute accroche mieux les agents de démoulage et facilite le retrait.
Largeur adaptée à la hauteur de coulage : pour une dalle ou une fondation basse (< 30 cm), des planches de 20 cm suffisent. Pour un mur ou un poteau, empiler des planches de 15–20 cm avec renforts verticaux tous les 60 cm garantit la stabilité.
Fixation solide : chevrons ou tasseaux espacés régulièrement, vis ou pointes torsadées, serre-joints en partie haute. Prévoir un démoulage facile en huilant légèrement les faces internes avant coulage.
Après 3 à 5 utilisations, les planches de coffrage brutes deviennent irrégulières. Les recycler en support de palette, en bois de chauffage ou en structure temporaire prolonge leur cycle de vie.
Étagère et tablette bois : dimensionner sans risque d’affaissement
Une étagère sollicite la planche en flexion. La charge, la portée (distance entre appuis) et l’épaisseur déterminent la flèche maximale acceptable. Pour un usage domestique classique, viser une flèche < 1/200 de la portée évite l’effet visuel de déformation.
Règles pratiques selon l’épaisseur :
- 18 mm : portée max 70 cm, charge légère (≤ 15 kg/m), renfort central conseillé au-delà de 60 cm
- 22 mm : portée max 90 cm, charge moyenne (≤ 25 kg/m), essence sapin ou douglas
- 27 mm : portée max 120 cm, charge standard (≤ 40 kg/m), polyvalent intérieur
- 34 mm et + : portée > 120 cm, charge lourde (outils, livres denses), essence dense recommandée
La largeur de la tablette bois influence également la rigidité : une planche de 30 cm fléchit moins qu’une de 15 cm à épaisseur égale. Mais attention au tuilage (déformation en vrille) sur les largeurs > 40 cm : préférer dans ce cas un panneau multiplis ou abouter deux planches étroites.
Fixer l’étagère par équerres métalliques (à visser dans les montants du mur) ou par tasseaux encastrés. Pour une finition invisible, les fixations cachées type “toc” ou “tourillon fileté” demandent un perçage précis mais offrent un rendu épuré.
Traitement et classe de bois : extérieur, intérieur, humidité
La durabilité d’une planche de bois face aux agressions biologiques (champignons, insectes) dépend de son essence et de son traitement. La norme européenne classe les bois selon leur résistance naturelle ou acquise.
Classe 1 : intérieur sec (chambre, salon). Aucun traitement nécessaire pour le sapin, l’épicéa, le pin.
Classe 2 : intérieur avec risque d’humidité occasionnelle (cuisine, salle de bain bien ventilée). Un traitement fongicide léger suffit, souvent appliqué en usine.
Classe 3 : extérieur couvert ou exposé aux intempéries courtes (terrasse couverte, bardage abrité). Douglas naturel ou sapin traité autoclave.
Classe 4 : contact permanent avec l’eau ou le sol (piquet de clôture, ponton, jardinière enterrée). Exige un traitement autoclave poussé ou une essence naturellement durable (robinier, chêne).
Pour une étagère ou une tablette bois en intérieur sec, la classe 1 non traitée convient. Si la planche doit servir en extérieur, vérifier l’étiquette ou demander au vendeur la classe de traitement. Un bois classe 2 exposé en façade se dégradera en 2–3 ans ; un classe 4 tiendra 15 ans et plus.
L’application d’une lasure, d’un saturateur ou d’une huile protège la surface mais ne remplace pas le traitement en profondeur. Ces finitions se renouvellent tous les 2–4 ans selon l’exposition.
Planche bois : les repères à retenir avant d’acheter
Choisir la bonne planche de bois repose sur trois piliers : usage, dimensions, finition.
Pour l’usage, distinguer structurel (coffrage, charpente) et décoratif (étagère, tablette). Le premier tolère le brut et les essences économiques. Le second exige raboté et aspect soigné.
Pour les dimensions, retenir la règle épaisseur/portée : 18 mm jusqu’à 70 cm, 27 mm jusqu’à 120 cm, au-delà renforcer ou épaissir. Largeur 20–30 cm pour un usage standard, jamais > 50 cm sans risque de déformation.
Pour la finition, le sapin brut offre le meilleur rapport qualité-prix en coffrage ou support caché. Le douglas ou le chêne raboté s’imposent en visible intérieur/extérieur. Toujours vérifier la classe de traitement si exposition à l’humidité.
Éviter les confusions : un tasseau ne remplace pas une planche en portée horizontale, une volige ne supporte pas de charges, un panneau reconstitué n’offre pas la même esthétique ni la même solidité que le bois massif.
Privilégier l’achat en longueur adaptée au projet limite les chutes et les assemblages fragiles. Prévoir 10 % de marge sur les quantités pour compenser les défauts éventuels (nœuds, fentes).
Pour les projets nécessitant un tableau de référence rapide, basculer votre appareil en mode paysage facilite la lecture.
| Projet | Type de planche | Repères dimensions | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Étagère intérieur légère | Sapin raboté | 18–22 mm × 20–30 cm | Portée max 80 cm, renfort si charge > 15 kg/m |
| Tablette chargée (livres, vaisselle) | Sapin/douglas raboté | 27 mm × 25–35 cm | Portée max 120 cm, équerres robustes |
| Coffrage béton | Sapin/épicéa brut | 27 mm × 15–20 cm | Renfort vertical tous les 60 cm, huiler avant coulage |
| Bardage/terrasse extérieur | Douglas traité classe 3 | 22–27 mm × largeur selon pose | Ventilation arrière, finition tous les 2–3 ans |
Acheter malin, c’est aligner l’essence, l’épaisseur et l’état de surface sur les contraintes réelles du projet, sans surpayer une qualité inutile ni sous-dimensionner une pièce maîtresse.
